Un club nantais dans le Hall XXL du parc des Expos de la Beaujoire : Première ! … Et dernière ?

23 fév 2014 par HB, Commentaires fermés sur Un club nantais dans le Hall XXL du parc des Expos de la Beaujoire : Première ! … Et dernière ?

Le 13 décembre 2013, le Handball Club de Nantes a battu de PSG Handball, dans le Hall XXL du Parc des Expositions de la Beaujoire, établissant au passage un nouveau record d’affluence pour un match de Handball en France.
Au-delà de la performance du H, on a vu la ferveur du public nantais qui a littéralement porté ses joueurs vers la victoire. Quelle formidable image de Nantes, ville de ballon, ville de sport !
On peut dégager deux enseignements majeurs de ce match là.

Tout d’abord, c’est la confirmation qu’il existe à Nantes un très important potentiel public pour le sport en général mais aussi pour le sport en salle. Les 9 357 spectateurs présents sont là pour le quantifier plus précisément. Ce large soutien populaire a boosté la performance sportive et sûrement contribué au résultat final. C’est une évidence.
Une telle affluence aurait dû accroitre les recettes et donc la puissance économique du club. Ca n’a pas été le cas. C’est le deuxième enseignement de cette soirée.

Le Hall XXL ne répond pas aux besoins permanents des clubs et n’apporte pas de plus value sur le plan économique. Il n’est pas conçu pour ça.
Comme l’ont souligné les pouvoir publics, il s’agissait d’un test pour roder le dispositif et démontrer aux instances sportives internationales la capacité de cette enceinte à accueillir des événements de type Championnats du monde, d’Europe ou encore la Coupe Davis.
Sur ce plan là, ce test aura été, sans nul doute, un succès.

Mais le coût de la mise en configuration sport du hall d’exposition (394 000 euros), comparé à la recette de billetterie (150 000 euros à guichets fermés) montre que cette solution d’occupation par les clubs ne peut être qu’exceptionnelle. Un déficit de 250 000 euros par match ne peut bien évidemment pas être supporté par des clubs déjà très fragiles économiquement. C’est donc la collectivité qui devra supporter ce coût, comme ça a été le cas pour ce premier match, accroissant encore la dépendance du sport professionnel aux ressources publiques. Alors que tout nouvel équipement devrait avoir pour objectif de la réduire.
Cette occupation exceptionnelle contribuera aussi à générer de la frustration au sein des clubs qui n’auront pas la possibilité de jouer dans cette salle.
Comment expliquer, par exemple, aux dirigeants du Nantes Rezé Métropole Volley (NRMV) que la collectivité paie pour que le HBCN joue un match de championnat de France de Handball dans ce Hall, mais que leur demi-finale de Coupe d’Europe contre Fenerbahce ne justifie pas cette dépense ?

Mais au-delà de ce coût d’installation par match, c’est la relative faiblesse des recettes qui montre que cet équipement n’est pas adapté. Cet équipement n’offre pas d’autres sources de recettes que la billetterie et les buvettes, comme au bon vieux temps de Saupin. Les loges, espaces de réception, de restauration ou sièges à prestations sont difficiles (et coûteux) à mettre en œuvre dans une enceinte éphémère et sont surtout compliqués à commercialiser pour un seul soir.
Outre cette exploitation déficitaire, se poseront inévitablement des problèmes de calendrier. Les compétitions de clubs (les « Final four » européens ou hexagonaux de Handball, de Volley ou de Basket, sont les seules qui peuvent être peuvent être anticipées et inscrites dans un calendrier d’exploitation. Elles pourraient alors peut être amortir le coût, grâce au nombre plus important de matchs joués sur deux ou trois jours. Même si la présence ou non d’un club nantais dans ces différents « derniers carrés » pèserait forcément sur l’affluence.
Mais le sport n’est pas le seul à vouloir occuper le Hall XXL : Le HBCN souhaitait y organiser, dès cette année, le Final Four de la coupe d’Europe EHF de Handball. Las, les Floralies nantaises occuperont le lieu aux mêmes dates…
Ce conflit d’occupation des lieux risque d’être souvent rédhibitoire.
Bref, ce HBCN – PSG Hand, idéalement placé à dix jours de Noël était une aubaine du calendrier que le H a su saisir pour écrire devant une affluence record, une des plus belles pages de son histoire. Le H continue sa progression sportive. Sur le plan économique, en revanche, c’est le status quo. Pas de recette supplémentaire pour rivaliser avec les clubs les plus puissants de France et d’ailleurs.

Partout en Europe, la tendance consiste à doter les clubs professionnels d’enceintes et de salles modernes pour leur permettre de générer leurs propres ressources financières et les émanciper progressivement de la dépendance aux fonds publics.
A titre d’exemple, en Allemagne, les subventions représentent en moyenne 5% du budget de la Toyota HBL (1ère division), alors qu’en France, il dépasse les 50% (Division 1 masculine)

Le Hall XXL n’est donc pas l’outil dont les clubs professionnels nantais ont besoin pour accroitre leurs ressources propres et améliorer la capacité autant que la qualité d’accueil des spectateurs, partenaires et sponsors.
Nous ne disions pas autre chose lors de la présentation du projet « Nantes Métropole Omnisport » devant le Conseil de Développement de Nantes Métropole en Mai 2012.
Cette soirée dans les gradins éphémères du Hall XXL nous conforte dans l’idée que la métropole nantaise et ses clubs professionnels de sport en salle méritent un grand équipement pérenne qui leur soit entièrement dédié.
Cette grande salle multifonctionnelle installée au cœur de la métropole et dont notre association propose la programmation, représente un investissement qui génèrera des recettes infiniment plus importantes et diverses, qu’une salle traditionnelle. Sa vocation sera de financer le sport professionnel en salle et de l’émanciper de sa dépendance aux subventions.
Cet équipement innovant serait aussi un formidable vecteur d’image et d’attractivité pour notre métropole. On pourrait, comme nous l’avons expliqué, y organiser la même semaine, des matches de Hand, de Volley, de basket ou de Futsal. On pourra aussi y organiser des championnats internationaux dans de multiples disciplines.
Installer ou changer un parquet est infiniment moins long er moins coûteux que de monter des tribunes pour un match…
Sa modularité permettra aussi d’attirer des tourneurs pour des concerts ou des spectacles pour lesquels les Zenith ne sont pas adaptés en termes de capacité.
Il ne suffit pas de baptiser « Arena », toute nouvelle salle de sport construite en périphérie d’une ville, dotée d’un espace de réception et de buvettes : ce modèle là est inadapté aux enjeux économiques et aux contraintes financières des collectivités.
Une « salle multifonctionnelle et modulable », telle que notre association la propose est bien plus qu’un Palais des sports ouvert au public, au mieux, un soir par semaine.
C’est un lieu de vie permanent, situé au cœur de la ville avec une véritable galerie commerciale, culturelle et de services autour de la salle proprement dite (avec des restaurants, des bars, un centre d’affaires, un club de fitness, des boutiques et, pourquoi pas, de grandes enseignes).
L’exploitation et la location de ces espaces commerciaux permettrait non seulement d’amortir les coûts de construction et d’exploitation et de rentabiliser l’investissement, mais inscrirait cet équipement dans une politique de revitalisation du centre ville, créatrice d’emplois, de lien social et de richesses.
Les lieux d’implantation ne manquent pas : Ile de Nantes, Petite Hollande, anciens abattoirs, entre autre…
La mise en œuvre d’un tel projet, on le voit, dépasse le simple cadre du sport professionnel, et répond à des enjeux bien plus importants pour notre métropole.
Mais pour rester sur un plan purement sportif, il permettrait aux clubs résidents de bénéficier de prestations et d’espaces de réception pour générer leurs propres recettes et alléger leur dépendance aux ressources publiques.
Une telle enceinte n’existe pas en France.

Nantes a de l’avenir. Inventons-le… dans le sport aussi.

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